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Information sur les agents tératogènes à l’intention des fournisseurs de soins de santé

Vous êtes un fournisseur de soins de santé et vous désirez obtenir plus d’information? Consulter la page Ressources à l’intention des fournisseurs de soins de santé.

Définition :
Un agent tératogène est une substance (médicament, drogue, etc.), un organisme (virus, bactérie, etc.) ou un facteur environnemental (procédé) qui peut provoquer des effets néfastes sur le fœtus lorsque celui-ci y est exposé pendant la grossesse. De nombreux facteurs peuvent influencer le degré de tératogénicité des agents, notamment le stade de la grossesse pendant lequel a lieu l’exposition, le degré d’exposition du fœtus et le seuil au-delà duquel l’agent provoque des effets. Toutefois, il y a encore beaucoup de choses que nous ignorons au sujet des risques de tératogénécité.

  • Voici quelques faits à retenir concernant l’exposition à un agent tératogène pendant la grossesse :
    • 50 % des grossesses ne sont pas planifiées.
    • En Amérique du Nord, 1 nouveau-né sur 33 vient au monde avec une anomalie congénitale.
    • Il faut examiner la situation dans son ensemble. Prenons par exemple une femme qui prend un médicament antipsychotique aux effets tératogènes connus. La décision d’arrêter ou de continuer le traitement pendant la grossesse doit être appuyée sur l’évaluation des risques potentiels en comparaison des bienfaits du traitement.
    • L’exposition aux substances décrites ci-dessous constitue un risque que le fœtus développe une anomalie congénitale. Cela ne veut pas dire qu’une telle exposition entraînerait nécessairement une anomalie congénitale.
    • L’approche la plus efficace serait celle axée sur la réduction des risques. 
    • La présente fiche informative ne remplace pas l’avis médical d’un fournisseur de soins de santé.

Voici une liste non exhaustive d’agents tératogènes qui peuvent avoir des effets sur le développement du fœtus ainsi que des faits complémentaires.

Le mercure

  • L’exposition au mercure durant la grossesse peut entraîner des effets sur le développement du cerveau de l’enfant en raison de sa neurotoxicité. (OTIS, 2011)
  • Le fœtus est beaucoup plus sensible à la neurotoxicité du mercure que l’adulte. 
  • Selon un avis conjoint (2004) de l’Environnemental Protection Agency et de la Food and Drug Administration (États-Unis) :
    • Il faut éviter de consommer du requin, de l’espadon, du thazard et du tile.
    • Il faut opter pour des poissons et des fruits de mer à faible teneur en mercure, à raison de 12 onces par semaine au maximum (soit l’équivalent de deux repas moyens).
    • Voici des exemples de poissons et fruits de mer communs contenant peu de mercure : la crevette, le thon pâle en conserve, le saumon, la goberge et le poisson-chat.
  • Pour des renseignements détaillés concernant la consommation de poissons, veuillez consulter les ressources à la fin du présent document

Le diabète

  • Les femmes diabétiques, même si elles contrôlent leur glycémie, sont plus susceptibles de donner naissance à un bébé ayant une malformation majeure que les femmes qui ne souffrent pas de diabète.
  • Le risque de malformation ne varie pas en fonction de l’équilibre de la glycémie, mais il augmente de façon importante lorsque celle-ci est très mal contrôlée.
  • Les femmes diabétiques sont trois fois plus susceptibles que les autres de donner naissance à un bébé ayant une malformation. (Harper, 2010)
  • La cause de ce risque accru de malformation est toujours inconnue.
  • Il semble qu’il n’y ait pas de risque accru chez les femmes atteintes du diabète gestationnel ou présentant une intolérance au glucose. (Harper, 2010)

L’alcool

  • L’alcool, un agent tératogène avéré, nuit au développement du fœtus. Parmi les facteurs qui influencent l’effet de l’alcool sur le fœtus, notons : la quantité consommée, le moment de la consommation, le bagage génétique de la mère et du fœtus et leur capacité à métaboliser l’alcool, l’état nutritionnel de la mère (en fonction de la qualité de son alimentation ou de ses carences alimentaires).
  • Le fœtus est vulnérable tout au long de la grossesse; par conséquent, une intervention visant à réduire la consommation d’alcool sera bénéfique, et ce, à n’importe quel stade de la grossesse.
  • La prévalence des cas de troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) au Canada et aux États-Unis est évaluée à 1 % de toutes les naissances (Healthy Child Manitoba, 2012).
  • Les TSAF sont sous-diagnostiqués. 
    • On n’en reconnaît pas toujours les signes.
    • Il y a une réticence à étiqueter les femmes comme « consommatrices ».
    • Les fournisseurs de soins de santé ne sont pas toujours bien informés des critères de diagnostic.
    • 89 % des cas de TSAF (et de SAF partiel) sont diagnostiqués après l’âge de 6 ans.
  • • Il existe une corrélation entre la consommation excessive d’alcool durant la grossesse et :
    • la grossesse après 30 ans
    •  le groupe ethnique et le patrimoine génétique
    • l’appartenance à un groupe socioéconomique moins favorisé
    • l’absence de soins prénataux
    • une grande multiparité ou le fait d’avoir déjà donné naissance à un enfant atteint de TSAF
    • la dénutrition de la mère
    • les antécédents de problèmes liés à l’alcool
  • La consommation d’alcool durant la grossesse augmente le risque que le fœtus développe des lésions cérébrales ou des malformations majeures, notamment du cœur et des yeux. 
  • Une femme enceinte ou qui allaite devrait s’abstenir complètement de consommer de l’alcool. 

Quelques conseils :

  • N’hésitez pas à poser des questions à la cliente au sujet de sa consommation d’alcool : c’est le meilleur moyen de recueillir des renseignements précis. (L’exposition confirmée à un agent fait partie des critères diagnostiques.)
  • Des études démontrent qu’un diagnostic précoce permet une intervention et un accès aux services plus rapides, ce qui améliore le sort de la mère et de l’enfant. 
  • Un milieu familial stable et harmonieux est très sécurisant pour un enfant atteint de TSAF.
    • L’éducation et l’encadrement des parents sont importants.
    • Il vaut mieux instruire l’enfant de façon explicite que de le laisser apprendre par l’observation et le raisonnement critique.
    • Il est essentiel d’effectuer de multiples interventions.
    • Il est préférable que les interventions soient effectuées dans le cadre des services communautaires disponibles.

Les antidépresseurs ISRS (inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine)  

  • Bien qu’elles ne soient pas concluantes, les données laissent croire qu’il n’y aurait pas de risque d’anomalie congénitale majeure associée aux ISRS, quoique certains ISRS aient été associés à des anomalies congénitales particulières. Par exemple, on a établi un lien entre la paroxétine et certaines anomalies cardiaques.
  • Le risque d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) persistante du nouveau-né augmente lors d’une grossesse tardive.
  • En ce qui concerne les antidépresseurs pris par la mère pendant la grossesse, on possède très peu d’information sur les effets neurocomportementaux de ces derniers chez les enfants d’âge scolaire.

Les infections pendant la grossesse

  • Le tableau ci-dessous indique très sommairement si les infections mentionnées ont un effet tératogène ou non. Les infections de la première colonne n’entraînent pas nécessairement de conséquences chez le fœtus si la mère est infectée pendant la grossesse. Pour obtenir des renseignements plus détaillés, veuillez consulter une source fiable.
     

    Effet tératogène possible

    Aucun effet tératogène connu

    Effet tératogène potentiel

    Cytomégalovirus (CMV)

    Parvovirus

    Herpès

    Rubéole

    Échovirus

     

    Varicelle

    Virus Coxsackie

     

    Toxoplasmose

    VIH

     

    Syphilis

    Maladie de Lyme

     

     

    Grippe A (influenza)

     

La rubéole (Boston Children’s Hospital, 2014, et ministère de la Santé et des Services sociaux du Yukon, 2014)

  • Le risque de transmission de la rubéole au fœtus est accru si la femme enceinte contracte la maladie au cours des douze premières semaines de la grossesse.
  • Après le quatrième mois de grossesse, le fœtus est moins susceptible d’être affecté par le virus. 
  • Lorsque le virus est contracté pendant les 12 premières semaines de la grossesse, le fœtus est susceptible de venir au monde atteint d’embryopathie rubéolique, un syndrome qui peut entraîner une malformation cardiaque ou oculaire, une déficience intellectuelle, un retard de croissance intra-utérin et la surdité.
  • La prévention est la meilleure protection contre l’embryopathie rubéolique.
  • Les femmes non immunisées contre la rubéole et qui prévoient une grossesse devraient recevoir le vaccin ROR au moins 28 jours avant la fécondation. Celui-ci contient un virus actif; il est donc contrindiqué pour les femmes qui sont déjà enceintes.

L’obésité

  • Les deux tiers des femmes enceintes américaines ont un excès de poids ou sont obèses.
  • Les femmes obèses sont deux fois plus susceptibles de donner naissance à un bébé ayant une anomalie du tube neural.
  • Quoiqu’à un plus faible degré, l’obésité entraîne un risque accru d’anomalie cardiaque et de palatoschisis chez le fœtus.
  • Le risque augmente en fonction de l’indice de masse corporelle (IMC).
  • Les causes sous-jacentes sont encore inconnues; on sait toutefois que la difficulté de la détection des anomalies par ultrason, une carence en folates et un mauvais contrôle de la glycémie sont des facteurs importants.
  • L’obésité de la mère durant la grossesse est un important facteur de risque que l’enfant soit obèse, non seulement au début de sa vie, mais également à l’adolescence et à l’âge adulte.

La thalidomide (Références au bas de la page)

  • Dans les années 1950 et 1960, médicament utilisé pour atténuer certains symptômes apparaissant en début de grossesse.
  • A causé de graves anomalies congénitales, dont la plus visible est une malformation des membres.

Ressources au sujet des agents tératogènes :

  • Ressources locales
    • Bureau de lutte contre l’alcoolisme et la toxicomanie
      www.hss.gov.yk.ca/fr/pdf/ads-brochure_fr.pdf
      6118, 6e Avenue
      Whitehorse (Yukon)
      Pendant les heures d’ouverture (de 8 h à 16 h 30) :
      De Whitehorse : 667-5404
      D’ailleurs au Yukon, sans frais : 1-855-667-5777, poste 5404
      Après les heures d’ouverture (de 16 h 30 à 8 h) :
      De Whitehorse : 667-8473
      D’ailleurs au Yukon, sans frais : 1-855-667-5777, poste 8473
      Télécopieur : 867-667-8471
       
    • Registre yukonnais de surveillance des anomalies congénitales (RYSAC)
      www.hss.gov.yk.ca/fr/casy.php
      Pendant les heures d’ouverture (du mardi au vendredi, de 9 h à 15 h 30) :
      Personne ressource : Shannon Ryan
      De Whitehorse : 667-8563
      D’ailleurs au Yukon, sans frais : 1-800-661-0408, poste 8563
      CASY@gov.yk.ca

Ressources en ligne sur les agents tératogènes

o MotheRisk : www.motherisk.org/women/index.jsp

  • Ressource gratuite destinée aux Canadiens (offerte en association avec OTIS)
  • Information (en anglais) pour les mères et les professionnels de la santé concernant les risques ou l’innocuité des médicaments d’ordonnance ou en vente libre, des produits à base d’herbes médicinales, des produits chimiques, des rayons X, des maladies chroniques et des infections, durant la grossesse ou l’allaitement (le site contient également des renseignements en français). 
  • Lignes téléphoniques de secours de Motherisk (du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h, heure de l’Est)
    1-877-327-4636 (alcoolisme et toxicomanie, du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h, peu importe le fuseau horaire)
    1-800-436-8477 (nausées)
    1-888-246-5840 (VIH)
    1-877-439-2744 (ligne de secours de Motherisk)
    416-813-6780 (ligne de secours de Motherisk)

o OTIS now known as MotherToBaby : www.mothertobaby.org/

  • Ressource gratuite
  • Information (en anglais) sur les risques, durant la grossesse et l’allaitement, liés aux médicaments et aux suppléments naturels, aux drogues toxicomanogènes, à l’alcool, aux produits chimiques, aux maladies, etc.

o TERIS (Teratogen Information System) : depts.washington.edu/terisweb/index.html

  • Frais annuels de 150 $
  • Information (en anglais) sur les effets de 1 343 agents tératogènes
  • Accès au catalogue Shepard's Catalog of Teratogenic Agents

o Reprotox : www.reprotox.org/Default.aspx

  • Abonnement : 199 $ pour un an et 349 $ pour deux ans
  • Information (en anglais) sur les effets des médicaments, des produits chimiques, des infections et des facteurs physiques sur la grossesse, la santé reproductive et le développement

• Ressources en ligne sur la consommation de poisson :

Références :

À moins d’indication contraire, la plupart des renseignements contenus dans le présent document ont été compilés à partir de la conférence Human Teratogens: Environmental Factors which Cause Birth Defects, qui a eu lieu en avril 2013 à Boston, au Massachusetts, et qui a été commanditée par le département de la génétique du Mass General Hospital for Children et par le département de l’éducation permanente de la faculté de médecine de l’Université Harvard.

Boston Children’s Hospital (2014) KidsMD Health Topics: Congenital Rubella retrieved from: www.childrenshospital.org/health-topics/conditions/congenital-rubella

Harper, Peter S. (2010) Practical Genetic Counselling, (7th edition), London, Edward Arnold

Healthy Child Manitoba (2012) Position Paper: Developing a National Prevalence Plan for FASD in Canada.

Otis (2011) Mother to Baby: Methylmercury and Pregnancy retrieved from: www.mothertobaby.org/files/methylmercury.pdf

Thalidomide Victims Association of Canada (2014) Thalidomide: The Canadian Tragedy retrieved from: www.thalidomide.ca/the-canadian-tragedy/

Ministère de la Santé et des Affaires sociales du Yukon, Manuel du programme yukonnais de vaccination, www.hss.gov.yk.ca/fr/yipm.php (2013).

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